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Quand ne plus maitriser l’expression de sa sexualité peut devenir angoissant


Le sommeil représente la phase idéale d’analyse. C’est, libéré du contrôle, du fonctionnement libre et volontaire de la conscience, que notre inconscient s’exprime. Que ce soit dans le monde de la science et de la psychanalyse, des surréalistes, ou encore des chamanes, le rêve et le sommeil fascinent depuis la nuit des temps pour cette même raison. Quelque chose nous échappe et pourtant des messages nous parviennent. Communication mystique, accès à une force créatrice présente à l’état latent, expression de notre inconscient … Bref, le rêve et le sommeil séduisent pour leurs mystères et les phénomènes étranges et angoissants qui se produisent quand nous sommes là sans être-là.


Dans un monde où nous ne nous autorisons pas forcément l’expression de nos fantasmes et de nos désirs les plus inavouables, ceux-ci trouveront le moyen d’échapper d’une manière ou d’une autre à l’auto-censure que nous exerçons. Et ce sont d’autant plus dans les moments où la raison et le contrôle n’ont plus vraiment leur place que tout cela s’exprime. Il paraîtrait même que les rêves érotiques seraient beaucoup plus fréquents lors de carence sexuelle. « Plus une personne est inhibée, plus les symboles à signification sexuelle surgiront dans ses rêves » pour Tristan-Frederic Moir, spécialiste en onirologie et onirothérapie. La sexualité fait partie intégrante de nos vies, elle est inscrite comme un besoin fondamental dans nos gènes et les fantasmes nous animent. Toutefois, nous sommes inégaux face à l’appétit sexuel et il serait même dangereux d’établir une norme. Il existe des personnes sans aucun désir sexuel comme d’autres dont la demande est plus importante. C’est la façon dont la sexualité est vécue qu’il faut questionner en cas de problématique et non pas son expression selon certains codes véhiculés et trop souvent loin de la réalité. Est-elle source de souffrance ? De frustration ? D’angoisse ? … Voilà les questions qu’il faut se poser.



Certains rêves travaillent, hantent et perturbent. La vie nocturne est riche et celle-ci revient souvent lors des séances. Que ce soit pour parler de la qualité du sommeil ou encore des pensées et rêves qui se produisent lors de cette période. Il n’est pas étonnant d’entendre, dans les cabinets de psy, les récits des rêves qui ont dérangés. Le rêveur veut savoir ce qui lui à échapper quand il n’avait plus le contrôle. Pour certains, ce sera le contraste entre la façon dont le rêve a été vécu et le regard critique qu’il portera dessus plus tard qui sera source d’interrogation. Si l’on revient par exemple sur le rêve érotique, nombreux sont ceux qui, de l’intérieur vivent une expérience plutôt plaisante et qui, au réveil ne se sentent plus du tout à l’aise en repensant à la scène plus vraie que nature qu’ils ont vécu quand leurs paupières étaient closes. Je suis sure que vous voyiez ce que je veux dire. Alors, qu’il s’agisse de véritables fantasmes ayant trouvé le moyen de s’exprimer ou de simples associations sans lien direct, il est toujours intéressant de questionner le rêve. Dans La Nouvelle interprétation des rêves (Odile Jacob), Tobie Nathan écrit que nos films érotiques nocturnes sont le moyen d’interroger notre relation au désir. Les protagonistes présents dans nos rêves seraient un moyen de projeter le reflet de nous-même. Rêver d’une scène sensuelle avec sa voisine, son collègue, ou encore sa belle-mère ne doit pas être pris au pied de la lettre ! Ces rêves signifient que vous vous projetez en eux pour obtenir des réponses.



 

Rêves érotiques, « wet dreams » comme on les appelle, que l’on pourrait traduire par « rêves mouillés », érections spontanées, sexsomnie … tout cela nous échappe quand, plongé dans un état de détente total, notre corps et notre esprit sommeillent.

 


Alors rassurez-vous, certains phénomènes sont tout à fait naturels. Les érections spontanées, qui se produisent trois à cinq fois par nuit, permettent l’oxygénation des parties intimes pour leur bon fonctionnement. Ces érections se produisent lors de la phase paradoxale du sommeil. C’est le moment où nous rêvons mais il n’y a pas de lien direct avec les rêves érotiques. Ces érections concernent à la fois les hommes et les femmes même si ces dernières sont moins visibles sur le sexe féminin. Lorsque des problématiques liées à l’érection sont évoquées en cabinet c’est d’ailleurs une des premières questions que nous posons au patient : « il y a-t-il des érections spontanées nocturnes ? ». Cette question permet alors d’éloigner la possibilité d’une problématique qui serait plus physiologique que psychologique. En revanche, si ces érections nocturnes sont douloureuses il ne faut surtout pas hésiter à consulter.



De son côté, la sexsomnie, phénomène surprenant et assez peu connu, est beaucoup plus handicapante dans la vie de la personne concernée. Ce trouble du sommeil, considérée comme une forme de somnambulisme, se caractérise par une activité sexuelle pendant le sommeil. De plus, ces actes sexuels ne laissent aucune trace dans la mémoire du sujet au réveil. Exactement comme lors de crises de somnambulisme. Vous imaginez bien que cela peut avoir des conséquences dramatiques lorsque la sexsomnie n’a pas été diagnostiquée. Certains facteurs pourraient être à l’origine de ce trouble comme les apnées du sommeil, le stress, la consommation de drogues et d’alcool, un traumatisme…



 

Vous l’aurez compris, il est difficile de séparer le sommeil de l’expression de notre sexualité. Celui-ci peut même nous fournir certaines clés pour mieux apprivoiser ses désirs et ses envies. Pas étonnant que les surréalistes se soient saisis de cet outil pour donner naissance à des œuvres où l’érotisme prime souvent dans un cadre peu rassurant.

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